Le Sabot de la Vierge

L'adoption de nos deux enfants en Colombie

27 juin 2009

La langue de nos enfants

Mes enfants auront été bercés, aimés et consolés par l'espagnol.  Nous avons ainsi dû écrire une lettre expliquant nos motivations au gouvernement colombien.  En espagnol s'il-vous-plaît.  Même si j'ai appris plusieurs langues et que Nicolas a grandi avec une grand-maman portoricaine, ma maman à moi nous a été d'un grand secours.  Parce que maman parle couramment espagnol.  Elle a appris la langue pour le plaisir il y a quelques années, alors que la Colombie n'existait pas encore pour nous.  Heureux hasard...
Elle nous a donc été d'une aide précieuse pour traduire notre lettre de motivation.  L'écrire en français a été très difficile.  Que fallait-il dire ? Comment le dire ? Nous devions nous présenter brièvement (Nadyne et Nicolas, 36 ans tous les deux, ensemble depuis près de 5 ans, amis depuis près de 20 ans), parler de notre parcours vers l'adoption (Nicolas a un beau grand garçon de 13 ans, Nadyne ne peut pas avoir d'enfant, Nicolas aime le fait d'être papa et a envie que Nadyne goûte à la joie d'être maman), dire nos valeurs (ouverture d'esprit, importance de la famille, respect de soi et des autres, honnêteté).  Mais que dire sur l'amour, sur l'attente, sur le fait que nous avons tellement hâte de serrer nos enfants dans nos bras ? Que dire du fait que nous aimerions aller les chercher maintenant, tout de suite, à la seconde ? Une page pour dire tout ce que nous avons envie de dire, c'est peu et énorme à la fois.

Et en plus de la lettre, nous devions envoyer un petit album de photos : la maison, papa, maman et frère Victor, oncles et tantes, cousins, grand-papa et grand-maman du côté de maman, grand-papa et grand-maman du côté de papa.  Quelques photos qui seront montrées à nos enfants s'ils ont l'âge de comprendre.  Quelques photos qui doivent rassurer nos enfants... Ouf...

Tout cela (et bien plus encore) est donc maintenant parti pour la Colombie.  On nous a avertis que nous devrions attendre encore quelques mois avant de recevoir l'acceptation officielle du gouvernement colombien.  Tout est accepté au Québec, mais la Colombie n'a encore rien accepté.  J'avoue ne pas être très inquiète sur ce point, mais quand même...

Pour l'instant, je continue à faire des petites choses pour les enfants.  La dernière en liste : une tirelire en grenouille jouflue que j'ai peinte.  Et pour la première fois, j'ai signé mon oeuvre : maman.   

Nadyne

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04 juin 2009

L'attente

Oui, c'est tout ce qui se passe maintenant : l'attente.  Peu à dire, rien à faire, et pourtant.  L'attente pendant laquelle on cherche à "faire" en se demandant comment "être".  Même si je me dis que j'ai attendu plus de 15 ans déjà, que quelques mois de plus ne sont rien, que je sais que j'atteindrai le but, c'est long tout de même.  Je pense à mes deux enfants, je les imagine, les rêve, les craint même, parfois.  Et je les aime de tout l'amour que je peux envoyer au-delà des montagnes et des pays.  Tous les soirs, quand je me couche, je leur souffle un baiser et prie pour qu'ils soient heureux, puisqu'ils existent probablement déjà sans moi.
Ne sachant pas quel âge ils auront ni quel sera leur sexe, nous ne pouvons rien préparer pour eux, si ce n'est une place dans notre coeur.  Ayant tout de même enfin compris le crochet, je leur ai fait à chacun une doudou toute douce et colorée.  J'ai aussi brodé un abécédaire qui j'accrocherai dans leur chambre.  Et enfin, peut-être le premier geste concret, je vais les mettre sur une liste d'attente pour la garderie.  Je prendrai un congé de maternité d'un an au moins, mais on ne sait pas comment les choses se dérouleront.  N'ayant pas ma permanence encore, je ne veux pas voir diminuer mon ancienneté au cégep.  En effet, n'oublions pas que j'ai recommencé à enseigner !! Je donne d'ailleurs un cours d'été en ce moment, et dès qu'il sera terminé, j'en commence un deuxième dans un autre cégep.  L'automne prochain, je devrai probablement choisir dans quel cégep j'enseignerai. 
Depuis que j'ai finalement compris comment lâcher prise, ma vie est tellement douce...
Nadyne

Posté par NadyneetNicolas à 07:41 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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