Mes filles, mes amours, mes enfants à moi,

Tout est confirmé.  Aujourd'hui, enfin, je crois à votre existence, j'ose vous imaginer dans mes bras, contre mon coeur.  Aujourd'hui, je ne crains plus la "fausse-couche".  Aujourd'hui, je suis remplie de vous deux.  Aujourd'hui, je crois que j'ai droit, moi aussi, à ce bonheur...

Hier, par contre, j'ai vécu plusieurs sentiments négatifs.  La fameuse Lettre n'arrivant pas, nous avions dû demander à ce que la rencontre du 18 novembre soit reportée d'une semaine.  Quelle déception... J'ai ressenti ce nouveau délai comme une trahison de la Vie, encore une fois.  J'ai cru que c'était encore une fois le signe que je n'aurais jamais d'enfant.  Heureusement, ce matin, mon positivisme et ma foi en la Vie étaient revenus.  Le "lâcher prise" est une arme extraordinaire contre les revers de l'existence... Quelques heures après mon réveil, Angela me disait que la Lettre pouvait venir nous rejoindre plus tard, en Colombie.  

En ce moment, j'attends l'appel qui me confirmera que nos billets d'avion sont réservés et que je peux aller les payer.  Dans quelques minutes, j'irai faire le virement d'argent qui servira à payer les frais juridiques de l'adoption.  Dans quelques heures, j'irai payer la pension où nous habiterons à Medellin.  Dans quelques jours, cette semaine, nous irons chez la notaire et au consulat pour payer notre visa.  

Ma vie est prête pour vous, mes deux enfants.  Votre papa s'est encore réveillé en souriant, en me disant qu'il vous avait imaginées dans la maison, qu'il s'était vu vous prendre dans ses bras et vous lever vers le ciel.  Votre grand frère a eu les yeux brillants quand je lui ai dit que le départ était confirmé.  Votre grand-maman Manon et votre oncle Alexandre ont sauté de joie en l'apprenant.

Mes enfants, mes amours, mes deux filles... comme la plus belle des chansons...

Maman