Armenia, 16 novembre 2011

On me disait que la Colombie était un magnifique pays, mais comment aurais-je pu savoir que c’était vrai à ce point ? En fait, dire que c’est « magnifique » est presque un euphémisme tant c’est beau… Je regarde régulièrement dehors pendant de longues minutes en répétant sans cesse : « C’est le paradis ! »  Nous habitons une superbe et grandiose demeure.  Sur le terrain, poussent des citrons, des mandarines, des goyaves, des ananas et d’autres fruits que je ne connais pas, dont certains sont très étranges.  Les fleurs et les oiseaux ont des couleurs à couper le souffle.  Je découvre que de petites plantes qu’on essaie de faire pousser tant bien que mal en appartement, au Québec, sont en fait des arbres immenses.  Les montagnes que je vois de la fenêtre de notre chambre doivent en fait faire partie de la Cordillère des Andes.  Toute cette beauté fait presque mal, comme si mes yeux n’en avaient pas assez l’habitude.  S’habituer à une telle beauté, sans penser au  fait qu’à quelques pas, dans toutes les directions, les gens souffrent, sont pauvres, meurent ou se battent… 

Quel contraste aussi avec Bogota ! Ce n’est pas très beau.  Un autre euphémisme… Nous sommes arrivés tard hier soir, et nous avons donc découvert (du trottoir devant notre hôtel…) des bâtiments jaunis ou beiges, des maisons éventrées, des toits effondrés.  Des gens couchés sous les viaducs, sur ce qui a déjà dû être des couvertures dans un autre monde.  Des soldats, des policiers, des agents de sécurité.  Des gens qui vont travailler, qui marchent en courant, sans vraiment regarder autour d’eux. Et la pollution… Mon dieu, la pollution… Bien sûr, l’altitude jouait un rôle dans nos malaises, mais tout de même.  Le seul fait de regarder le nuage de smog me donnait la nausée… Et pourtant, la vue sur les montagnes, la beauté de ces gens colorés, la langue espagnole, si belle et si douce.

Malgré tout, malgré l’impression un peu négative, bien que très rapide, de Bogota, je demeure convaincue que la Colombie renferme le plus beau, mes deux filles, qui se trouvent tout près de moi en ce moment, bien qu’elles ne le sachent probablement pas. 

Nadyne