La semaine dernière, c'était la rentrée.  La retour au travail pour moi, après 10 mois de congé.  L'entrée en garderie pour Mina et Tara, en attendant que Tara commence la maternelle, jeudi prochain.  Et l'entrée au cégep de Victor.  Pendant deux semaines, j'ai vécu avec un stress intense, me sentant coupable de retourner travailler, de faire subir un autre changement à mes filles, de les abandonner.  Et finalement, tout s'est déroulé à merveille.  J'ai été une autre fois impressionnée par la force de mes filles, par leur confiance, par leur résilience, par leur curiosité de découvrir la Vie.

De mon côté, ma résistance au changement a fait des siennes, et c'est physiquement que j'ai ressenti la séparation avec mes puces.  Nicolas a heureusement été très compréhensif et a observé avec un certain humour mes réactions.

Après une semaine de ce régime, je crois que tout ira bien.  J'ai pu voir à quel point Tara est prête à commencer l'école, à quel point je sous-estime la capacité d'adaptation de Mina.  J'ai donc été la seule à anticiper ce moment, bien inutilement.  

Je craignais aussi la charge de travail que cette nouvelle routine représentait : préparer mes cours, enseigner, assister à des réunions et, en même temps, m'occuper des filles.  Pourtant, à la fin de cette première semaine, je me rends compte que tout ira bien.  Nicolas est très présent et ça me rassure de savoir qu'il a déjà vécu tout cela avec Victor.

Je ressens toutefois la fatigue accumulée au cours des derniers mois... En effet, en plus d'avoir maintenant deux filles, nous avons jonglé avec des difficultés, dont mon papa et ma maman qui ont tous les deux eu un cancer.  Tout s'est bien passé pour mon père, mais le cancer de ma mère reviendra presque inévitablement.  Je me suis occupée d'eux autant que je l'ai pu, à travers tous les changements que je vivais.  La mère de Nicolas a eu elle aussi des problèmes de santé importants, qui ne sont d'ailleurs toujours pas réglés.

Malgré tout, pourtant, j'adore ma vie.  Elle est remplie, féconde, douce.  L'adoption de nos filles a comblé le vide que je ressentais depuis si longtemps.  J'aime vieillir avec elles.  Nicolas et moi sommes chanceux d'avoir une aussi belle famille, et je ne passe pas une journée sans remercier la Vie.

Nadyne