Certains jours, tout va bien.  D'autres, par contre, des vagues de tristesse me submergent.  Il y a quelques jours, voyant que les choses n'avançaient pas, voyant que nous étions sur la liste d'attente depuis maintenant 6 mois et que rien ne bougeait, j'ai décidé d'écrire à une autre agence qui s'occupe d'adoption aussi, mais dans des orphelinats privés au lieu d'être seulement au public.  Et là, le message de réponse... ! Ouf ! Le monde s'est effondré pendant 24 heures.  On m'a répondu que l'attente avec le public était maintenant d'environ 5 ans, que c'était désormais de plus en plus difficile, sinon impossible d'adopter au public un enfant de moins de 7 ans, que l'attente pour deux enfants était aussi longue, que la seule façon d'adopter un enfant assez jeune en Colombie était de passer par le privé, etc.  Un message alarmant, alarmiste, décourageant, triste... et, semble-t-il, mensonger. 

En effet, après avoir passé une soirée complètement défaite, consolée par mon merveilleux mari, nous avons étudié les alternatives : devenir banque-mixte, adopter des enfants avec un handicap corrigible ou abandonner purement et simplement l'idée d'avoir des enfants et continuer la vie comme nous la vivons déjà, avec notre grand Victor qui est avec nous une semaine sur deux. 

Et la nuit a passé.

Au matin, j'étais reposée et décidée à me battre pour mes enfants.  Ils auraient peut-être un handicap corrigible.  Ça valait la peine de regarder ce que ça impliquait.  Je décide donc d'aller voir sur le site de l'ICBF, responsable de l'adoption en Colombie... et la nouvelle liste d'attente, la lista de espera, est publiée.  Ils en sont au mois de mars 2007... ce qui veut donc dire 2 ans d'attente en ce qui nous concerne.  Mais où sont passées les 5 années d'attente dont "l'autre" agence m'a parlé ? Où est "l'impossibilité d'adopter deux enfants" dont on m'a parlé ?

Nous avons tout de même décidé de s'informer concernant les handicaps corrigibles, mais nous avons repris espoir.  Nous déménageons dans quelques mois, nous commencerons à préparer la chambre des enfants.  En attendant, mon coeur est tout prêt pour eux.

Nadyne